Bordeaux Métropole a étudié un métro et l’a enterré !

Courant décembre, Bordeaux Métropole a publié les résultats de l’étude qu’elle avait commandé au cabinet Artelia pour un montant de 300 000 €.

Après 2 premières phases à l’issue desquelles un corridor a été choisi, il a été procédé en 3e phase à une évaluation socio-économique (ESE) de ce projet.

Rappelons que l’étude partait sur un métro type « Cityval » avec des tunnels bi tubes de 6,3m de diamètre et excluait d’emblée toute autre solution de mobilité.

Le résultat de cette ESE est une valeur actualisée nette (VAN = différence entre les coûts et les gains sur une période de 40 ans) et en l’espèce, cette VAN s’est avérée largement négative.

Nous avons participé à plusieurs réunions sur le sujet et fait remarquer que les hypothèses de l’étude nous semblaient pour le moins biaisées.

La fréquentation prévue est de l’ordre de 140 000 voyageurs par jour. C’est la fourchette basse pour un métro et témoigne d’une absence de volonté de report modal évidente.

La vitesse commerciale prévue (qui détermine donc les gains de temps et donc influe positivement la VAN) est de 34 km/h, là encore dans la fourchette basse pour un métro automatique. La durée des arrêts en station semble aussi un peu surévaluée : 40 secondes.

Enfin la durée des travaux est de 11 ans soit une mise en service en 2046, ce qui paraît extrêmement long, mais réaliste quand on voit les retards considérables qu’ont pris des projets tels que la ligne 15 sud du grand Paris Express ou la ligne C de Toulouse.

Nous avons fait valoir nos arguments habituels :

Un métro automatique est un nouveau mode de transport qui rend moins lisible le réseau de l’agglomération et oblige à des correspondances laborieuses (dans beaucoup de stations, 5 volées d’escalators). La morale de cette « ESE » est que les critères retenus et leur mode de valorisation font qu’aujourd’hui, plus aucun projet d’infrastructure ferroviaire (intervilles ou urbaines) n’est « rentable » (VAN positive).

Enfin, en ce qui concerne Bordeaux, s’embarquer dans ce projet a pour conséquence l’assèchement total des moyens financiers pour tout autre projet de mobilité et une absence de développement pendant 20 ans, jusqu’à la mise en service du métro.

2026 va être une année blanche à cause des élections, mais dès juin nous devrons repartir au combat pour obtenir enfin un réseau digne de ce nom dans la Métropole.

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