Notre association défend depuis plus de 10 ans un projet de tramway permettant de desservir Gradignan et le Sud Gironde. En se voulant résolument apolitique.
Il arrive cependant un moment où il devient clair que les derniers évènements concernant ce projet ne peuvent s’expliquer que par un certain éclairage.

Les acquis

C’est sous l’ « ère » Juppé que le réseau de tramway de la métropole de Bordeaux a été conçu, développé et mis en service.
Trois lignes mises en service de 1997 à 2007, des extensions déjà réalisées, une nouvelle ligne D et quelques nouveaux projets.
Dont celui de l’extension de la ligne B vers Gradignan, lancé trop tardivement à notre gout, mais qui a tout de mème fait l’objet d’études avancées en 2019.
La concertation publique qui avait suivi avait clairement démontré l’intérêt que les Gradignanais et les habitants du Sud Gironde portaient à ce projet. La demande de Déclaration d’Utilité Publique avait logiquement ensuite été votée.
Mais depuis plusieurs années une petite musique s’était installée dans l’opposition disant « le tram, c’est dépassé », « il faut arrêter de faire des extensions au réseau », …
Tout cela dans une métropole qui va atteindre le million d’habitants.

Les perspectives

Il faut bien maintenant constater que, depuis que cette opposition a été élue en 2020 à la tète de la Métropole, cette petite musique est arrivée au top du hit-parade …
Les mauvaises langues diront que les communes des dirigeants actuels de la métropole sont maintenant bien desservies par le tram. Alors pourquoi étendre le réseau ?
Le nouveau Schéma directeur des Mobilités de la Métropole de Bordeaux présenté en Septembre 2021 ne prévoit en effet aucun nouveau projet de tramway.
Favoriser la marche à pied, développer les pistes cyclables, améliorer les liaisons de bus, c’est bien, mais cela doit s’appuyer sur des axes de transports structurant comme les lignes de tramway. Ce n’est pas le vague concept de « bus express » qui peut nous rassurer.
En fait, non seulement ce nouveau Schéma directeur des Mobilités ne prévoit aucun nouveau projet de transport en commun, mais il a aussi annulé les projets en cours. En particulier le projet de tram à Gradignan, longuement débattu depuis une dizaine d’année, a purement et simplement été enterré.
Il est tout à fait normal qu’une nouvelle majorité définisse ses propres orientations, mais pourquoi défaire ce que la majorité précédente avait démocratiquement mis en place. Que d’argent et de temps perdu !
Le courrier de Monsieur Anziani que nous venons de recevoir nous confirme l’abandon de ce projet.
Cette situation est en fait la conséquence directe de la volonté affichée par la nouvelle majorité et ce, dés le début de la mandature, de ne plus faire de cogestion au niveau de la gouvernance de la Métropole de Bordeaux (Articles parus dans la presse au début de la mandature : Le Monde , Sud-Ouest, , Libération, , …). Cette volonté semble avoir été scrupuleusement suivie …

La singularité de Bordeaux

Le projet principal du dernier Schéma directeur des Mobilités de la Métropole de Bordeaux consiste à mettre en place 100 km de « bus express » en aménageant les lignes actuelles.
Cela nous semble notoirement insuffisant et inadapté pour les axes structurant de la métropole (manque de lignes transversales du réseau actuel de tramway, « zones blanches » comme la commune de Gradignan).
En effet seules la capacité et l’attractivité du tramway (voies en site propre, régularité, meilleur confort) inciteront les usagers à abandonner durablement la voiture pour un transport en commun écologique.
Cela semble avoir été très bien compris dans de nombreuses villes de France, en particulier dans les villes dirigées par des municipalités écologiques. Nous reviendrons dans une prochaine lettre sur une étude récente relative aux nouveaux projets de tramway en France qui montre la singularité de la Métropole de Bordeaux.
Le maire de Bordeaux déclarait récemment (à propos du projet de ligne LGV Bordeaux-Toulouse-Dax) qu’il préférait les «trains au quotidien». Alors pourquoi pas des trams ?

En attendant, la situation est donc peu encourageante et, pour ce qui nous concerne, la ville de Gradignan est toujours complètement congestionnée par la circulation automobile.
Espérons cependant qu’un climat de confiance se réinstalle au sein du Conseil de Métropole et que ce projet de transport en commun que nous souhaitons tous refasse surface. Un jour …

Espérons de la mème façon que les décisions que vont prendre les états en ces jours de COP26 soient relayées au niveau local par des politiques claires pour sauvegarder l’environnement.

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